Transfert de fréquences : un «ardent besoin» pour les opérateurs de télécoms

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Les opérateurs de télécoms ont un «ardent besoin» de l’attribution d’une partie des fréquences de la télévision hertzienne destinées à la TNT, a plaidé mercredi Maxime Lombardini, directeur général d’Iliad, maison mère de Free. 

«Les télécoms ont un ardent besoin des fréquences 700 MHz, pour des raisons qui sont aisément compréhensibles», a souligné M. Lombardini lors d’une table ronde organisée à l’occasion des assises de l’audiovisuel à Paris. 

«Je pense que c’est un enjeu au moins aussi important d’avoir des smartphones avec du débit dans la durée pour un pays moderne que d’avoir de la très haute définition sur l’ensemble des chaînes», a-t-il ajouté. Cette position a été soutenue par l’opérateur Orange. 

«Un opérateur de télécoms comme Orange, qui a un très grand nombre de clients, a besoin de fréquences», a souligné Pierre Louette, directeur général adjoint de France Télécom Orange. «On on est bien sûr preneurs et on en aura usage». 

Cependant, a-t-il poursuivi, «cela va dépendre de la date de mise sur le marché et des conditions dans lesquelles on pourra accéder à ces fréquences». 

Selon des informations de presse, la décision de principe de transférer la bande de fréquence des 700 MHz de l’audiovisuel vers les opérateurs télécoms a été prise par la présidence de la République. Cette bande représente 30% des fréquences audiovisuelles. 

Des enchères pour proposer ces nouvelles fréquences aux opérateurs télécoms pourraient avoir lieu vers 2016-2017 ou 2022, selon les hypothèses évoquées. Plusieurs chaînes de la TNT, NRJ12, BFMTV, Numéro 23, RMC Découverte et Chérie 25, ont déjà réagi vivement. 

Deux d’entre elles sont à nouveau montées au créneau mercredi. «En prenant la bande des 700 MHz à l’audiovisuel, on porterait un coup très grave au futur de la TNT», a estimé Alain Weill, président du groupe NextRadioTV, propriétaire de BFM TV et RMC Découverte. 

«La TNT vit, évolue, elle doit pouvoir continuer à évoluer. Et l’amputer de 30% de ses fréquences sans débat préalable serait préjudiciable», a renchéri Christophe Cornillet, directeur technique de NRJ TV. 

M6, propriétaire des chaînes W9 ou 6ter, s’est montrée moins hostile. «Nous ne sommes pas fondamentalement opposés au fait de donner des fréquences pour les télécoms», a indiqué Karine Blouët, secrétaire générale de M6. 

«Tout dépend de la date à laquelle ça se fait et des conditions et contreparties que le secteur audiovisuel obtiendra».