C. SPELLER, F. MARTIN, J. HALL (101, Rue des Dalmatiens) : «Il faut 18 mois pour finaliser un épisode»

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Depuis le lundi 18 mars, tous les jours dès 17h15, Disney Channel propose «101, Rue des Dalmatiens», la nouvelle série évènement inspirée du classique de l’animation Disney «Les 101 Dalmatiens». Plongeons dans l’univers de la création de la série, des sources d’inspiration des artistes et du développement avec Cara SPELLER, Productrice déléguée ainsi que Fred MARTIN et Jez HALL, Réalisateurs de la série «101, Rue des Dalmatiens».

MEDIA +

Quel a été le principal défi rencontré durant la création de la série ?

JEZ HALL 

Le premier challenge était technique. Il a fallu recréer les 101 dalmatiens ainsi que leur dizaine de taches noires et blanches. Ensuite, nous devions différencier chacun des personnages pour que le téléspectateur puisse facilement les identifier. 

CARA SPELLER 

Maîtriser la technique et la sublimer était l’un de nos défis. Cela implique les animaux mais aussi tous les personnages humains. Cela signifie que le volume de travail de conception graphique était gigantesque. Les équipes créatives doivent développer 15.000 images pour animer 16’’ d’un épisode. 

FRED MARTIN 

Il y a beaucoup de personnages dans presque tous les plans, ce qui est très dur et long à dessiner. Il y a même un personnage qu’on ne voit qu’une fois et qui pourtant a été dessiné sous tous les angles.

MEDIA +

Créer une série d’animation pour Disney, c’est un défi. Comment l’avez-vous vécu ?

CARA SPELLER 

Eh bien, honnêtement ça a été génial! Disney a une vision très claire de ce qu’ils veulent faire. Leurs objectifs étaient élevés et nos ambitions, en tant que studio d’animation, l’étaient aussi. 

JEZ HALL

Ce sont des gens très cools qui travaillent avec nous au sein du studio, ce qui est très rare. De ce fait, on parle du script ensemble, et s’il y a le moindre problème, on se contacte facilement via Skype, par téléphone, ou en face à face. Pour autant, les problèmes sont minimes car on se parle beaucoup.

MEDIA +

Quel est l’investissement humain et technique sur le programme ?

CARA SPELLER 

L’écriture et la production de la série ont été confiées à Passion Animation Studios. Basé à Londres, le studio compte une cinquantaine d’artistes de toutes les nationalités. De son côté, le studio Atomic Cartoon basé à Vancouver, qui assure l’animation de la série, compte 65 personnes.  Enfin, la société finlandaise Gigglebug Entertainment est en charge du développement et de la création de formats courts et digitaux associés à «101, Rue des Dalmatiens».

MEDIA +

Comment réadapte-t-on un classique Disney ?

JEZ HALL

Vous prenez l’essence même du film d’animation. «Les 101 Dalmatiens» parle de la famille, de comment les personnages s’aiment et se disputent. L’idée fondamentale est vraiment très simple. Et en fonction des personnages, on change la dynamique de chaque épisode.

FRED MARTIN

Tous les artistes qui travaillent sur la série sont fans du film. Ils le connaissent par cœur. Et Disney nous a donné accès à des archives et à des projections en salle. On a essayé de créer notre version en se réappropriant l’histoire, sans imiter ni renier ce qui avait été superbement fait.

MEDIA +

Quelle est votre liberté de création ?

CARA SPELLER 

Elle est très grande. Evidemment nous avons passé beaucoup de temps à développer le design, le graphisme et le look de la série. Pendant près de deux ans, nous avons travaillé en étroite collaboration avec Disney. Mais ils ont toujours été très encourageants.

MEDIA +

Pourquoi avoir privilégié la 2D ?

CARA SPELLER 

C’était une évidence : proposer le meilleur de la 2D et du digital. La 3D nous aurait un peu trop éloigné du film car elle amène beaucoup de traitement de compositing. Cela n’aurait pas été aussi plaisant et joli à regarder.

FRED MARTIN 

Avec la 2D, il y a beaucoup de références stylistiques qui font écho au film. La 3D aurait rendu l’esthétique un peu trop réaliste. La série est une comédie familiale. C’est un cartoon. De ce fait, la 2D était plus pertinente.

MEDIA +

La technologie accélère-t-elle le processus de production ?

FRED MARTIN 

Ça aide, mais nous avons toujours besoin d’artistes pour dessiner et de scénaristes pour raconter des histoires.

JEZ HALL 

A l’époque, ils avaient sans doute des interrogations similaires. Pour fabriquer le film en 1961, ils disposaient de machines et de photographies. Ça n’a pas changé fondamentalement en 58 ans mais pour fabriquer autant de personnages, les ordinateurs actuels nous ont beaucoup aidés.

CARA SPELLER 

Ce qui facilite la production aujourd’hui, c’est aussi la collaboration avec d’autres studios situés un peu partout dans le monde. Nous avons fait beaucoup d’allers-retours entre Londres et Vancouver. C’est un process très simple et instantané. Ce qui nous laisse ainsi plus de temps pour la créativité.