Après son licenciement par Radio France, l’humoriste Guillaume Meurice juge que «l’extrême droite» a remporté une «victoire idéologique»

69
(FILES) French author, radio-host, writer and humourist Guillaume Meurice, poses during a photo session in Paris on March 13, 2024. France Inter comedian Guillaume Meurice has been suspended by Radio France pending a possible sanction up to and including dismissal, after repeating his polemical comments made at the end of October about Benjamin Netanyahu, sources told us on May 2, 2024. (Photo by JOEL SAGET / AFP)

L’humoriste Guillaume Meurice juge que «l’extrême droite» a remporté une «victoire idéologique» après son licenciement par Radio France pour avoir réitéré ses propos polémiques sur le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. «On en rirait volontiers si l’histoire s’arrêtait à mon cas personnel. Mais le projet est global», écrit l’humoriste au positionnement très à gauche mercredi dans une «lettre à France Inter», son ancienne radio, postée sur le réseau social X. «Les «libéraux» sont en train de livrer le pays clés en main à l’extrême droite, lui offrant, ce jour, une énième victoire idéologique», poursuit-il, alors que le RN se présentera en position de force aux législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet. Radio France a licencié M. Meurice mardi pour «faute grave», sa présidente Sibyle Veil lui reprochant sa «déloyauté répétée». Figure de l’émission «Le grand dimanche soir», présentée par Charline Vanhoenacker, l’humoriste a répété fin avril ses propos polémiques sur M. Netanyahu tenus une première fois fin octobre. Il l’avait comparé à une «sorte de nazi mais sans prépuce», ce qui avait déclenché des accusations d’antisémitisme et une plainte, finalement classée sans suite. Cela avait aussi valu à Radio France une mise en garde de l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel. Plusieurs chroniqueurs de l’émission ont annoncé leur départ en solidarité avec Guillaume Meurice: Aymeric Lompret, GiedRé, Laélia Véron et, mercredi matin, Thomas VDB. Pour sa part, Charline Vanhoenacker a dit mercredi prendre «acte que celui qui a fait honneur au service public est aujourd’hui remercié». «Le bouffon congédié, plusieurs de mes camarades ayant démissionné, ma troupe amputée, il faudra une fois encore m’adapter», a-t-elle écrit sur X, allusion au fait que son émission est passée l’an dernier d’un rythme quotidien à hebdomadaire. Ancienne directrice emblématique de France Inter (2014-2022), Laurence Bloch a elle estimé que Guillaume Meurice aurait pu «exprimer un regret». «Mon cher, cher Guillaume Meurice, il y avait si peu à faire pour éviter cette mécanique du désastre. Juste considérer tous les auditeurs (…) de la même façon: ceux qui ont ri à votre blague, ceux qui en ont été cruellement blessés», a posté sur X Mme Bloch, qui vient de quitter Radio France après 50 ans de carrière. Mardi, dans un mail aux salariés, Sibyle Veil a fait valoir que Guillaume Meurice n’avait «pas laissé d’autre choix» à Radio France que de le congédier. «En réitérant finalement ses propos à l’antenne en avril, Guillaume Meurice a ignoré l’avertissement qu’il avait reçu, la mise en garde de l’Arcom et détourné la décision du procureur» de classer la plainte sans suite, a-t-elle argumenté. Sans nommer Mme Veil ni la directrice de France Inter Adèle Van Reeth, M. Meurice a fustigé dans sa lettre les «âmes de si peu de scrupules» qui dirigent la station, en leur reprochant «leur soif d’obéir» et «leur brutalité».